Du pétrole à partir de micro-algues

Trente fois plus productif que le colza

Dans le monde, deux cents sociétés dans le monde ont comme objectif de transformer des microplantes aquatioques en pétrole. Sur le papier, en effet, les algues sont une solution idéale pour recycler CO2. Comme tous les végétaux, elles sont capables de fixer le CO2 en utilisant la lumière comme source d'énergie. Mais là où ces micro-organismes se distinguent des plantes, c'est que leur masse double quasiment toutes les vignt quatres heures. D'après certaines estimations, ces microalgues synthétisent dix à trente fois plus d'huile à l'hectare que les plantes servant actuellement à la fabrication de biodiesel (colza, soja, palme...).

L'autre avantage c'est que ces microalgues ne demandent qu'une superficie réduite et n'entrent donc pas en compétition avec l'agriculture, une des grandes critiques adressées aux cultures de soja ou de colza destinées aux biocarburants. Les algues partent donc avec de grands atouts par rapport à leurs congénères. Seul point noir, le litre d'algocarburant est deux fois plus cher à produire que le litre de carburant issu du pétrole. Cela n'entame en rien l'engouement des chercheurs, notament aux Etats-Unis. Même si, pour l'instant, aucun de ces pionniers de l'or vert n'a réussi à faire de son projet une affaire rentable. Car l'aventure, hélas, est moins facile qu'il n'y paraît. Une longue étude française vient de le confirmer. Depuis bientôt quatre ans, des biologistes, des ingénieurs et des industriels, regroupés au sein du projet Shamash, explorent cette filière afin d'en évaluer le véritable potentiel.

Comment extraire l'huile de ces plantes minuscules ?

Première difficulté : le choix de la bonne espèce d'algue parmi les centaines de milliers existantes. Certaines d'entre elles produisent beaucoup d'huile mais sont très difficiles à cultiver et meurent à la moindre variation de température. D'autres plus résistantes, se multiplient rapidement mais leur huile est difficile à extraire...

Ensuite, la récolte. Comment ramasser ces microalgues plus fines qu'un cheveu ? Il faut filtrer plusieurs fois jusqu'à obtenir une concentration suffisante.

Puis il faut sécher la pâte car si sa teneur en humidité dépasse 10%, il est impossible de la transformer en biodiesel. Un opération gourmande en énergie !

Mais ce n'est pas fini. Une fois obtenue une sorte de poudre de microalgues, il reste à en extraire l'huile. Et c'est là que se situe le gros verrou de la filière. Car les techniques d'extraction existantes non seulement s'adaptent mal aux algues mais elles sont surtout chères. Pour l'heure l'ensemble du procédé coûte plus d'énergie que produirait le biodiesel fabriqué. D'où une rentabilité... négative !

 

Voici un schéma résumant la fabricationd du biodiesel à partir d'algues :

 

 

 

 

 

 

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