Des énergies alternatives ?

 

 

Dans le domaine de l'énergie

 

Du point de vue de l'énergie, on peut distinguer 3 grandes utilisations pour le pétrole :

  • la production de chaleur ;
  • la mobilité (les transports) ;
  • la production d'électricité ;

Production de chaleur

De nombreuses alternatives existent :

  • réduire les besoins de chaleur (isolation, etc.) ;
  • technologies performantes ;
  • technologies basées sur la biomasse ;
  • énergie solaire ;

Mobilité

  • supprimer les déplacements inutiles (télétravail et autres technologies de l'information) ;
  • développer les transports doux (marche, bicyclette, transports en commun), autopartage ;
  • technologies alternatives (véhicules électriques, biocarburants en filières courtes, véhicules hybrides, etc.)

Ces mesures seraient d'autant plus vertueuses qu'elles évitent les dépenses et les nuisances liées à une société encombrée par un nombre ahurissant d'automobiles. Il faut pour cela accepter de considérer la mobilité comme un service (public) et arrêter de voir dans l'automobile un objet d'affirmation sociale.

Production d'électricité

  • réduire les consommations d'électricité (interdire le chauffage électrique, notamment) ;
  • imposer les technologies performantes (pour la production - cogénération, par exemple - et pour la consommation - supprimer les consommations de veille, par exemple) ;
  • recourrir au énergies renouvelables pour la production d'électricité verte (hydro-électricité, solaire photovoltaïque, électricité éolienne, énergie de la mer, etc.)

Pétrole de synthèse

Le pétrole brut de synthèse est un terme générique désignant un substitut de pétrole brut produit artificiellement à partir d'un autre combustible. Ces pétroles coûtent plus cher à produire, mais ils sont en général équivalents à des pétroles bruts de qualité très élevée.

Il n'existe pas de définition exacte des produits à inclure comme pétrole bruts de synthèse. On peut citer :

  • Le produit du pré-raffinage des sables bitumeux et des pétroles extra-lourds (immatures ou biodégradés). Ce type de production se retrouve en Alberta au Canada et en Orénoque au Vénézuela. Il consiste à retirer du carbone (par procédé thermique ou par emploi de solvants) ou à ajouter de l'hydrogène au pétrole non conventionnel.
  • Les carburants produits à partir du charbon et potentiellement d'autres carburants solides (tels que de la biomasse ou des résidus de raffinage), soit par biomasse, suivie de la synthèse Fischer Tropsch (procédé chimique où intervient la catalyse de monoxyde de carbone et d'hydrogène en vue de les convertir en hydrocarbure. Les catalyseurs les plus courants sont le fer, le cobalt ou le ruthénium, ainsi que le nickel), soit par réaction directe entre le charbon et de l'hydrogène ajouté (nouvelle technologie, en 2006, employée prochainement en Chine).
  • Les liquides produits à partir du gaz naturel, utilisant également le procédé Fischer-Tropsch.
  • Éventuellement, le « pétrole » produit par dépolymérisation thermique. Il s'agit d'une nouvelle technique proposée par une société américaine capable de fragmenter les molécules organiques en hydrocarbures simples, et pouvant donc utiliser toutes sortes de biodéchets.

Mais ces méthodes ont de gros inconvénients, notament à cause de leurs faibles rendements et du coût de production.

 

Bilan

Finalement, passer du tout pétrole à un modèle de société plus vertueuse implique avant tout de cesser de s'appuyer sur un modèle de consommation soutenu par des réseaux hypercentralisés, pour passer à une recherche d'économie et d'optimisation locale, ainsi que le développement de filières locales de production et distribution d'énergie.

 

Dans le domaine de la chimie

 

Changer les habitudes, sortir de la société "jetable", repenser la notion de "croissance économique". C'est facile à dire, mais difficile à mettre en œuvre… Il suffit de constater la prédominance du plastique dans notre vie de tous les jours : qui peut affirmer ne pas utiliser ou rencontrer du plastique ? Cuisine, salle de bain, produits d'entretien, transports, matériel scolaire, vêtements, le pétrole est partout. De même, aujourd'hui on imagine difficilement de se passer de produits chimiques (produits d'entretien, traitements agricoles, etc.), pourtant des solutions existent mais le lobby du pétrole fait son possible pour les occulter ou les dénigrer.

Cas des plastiques

Les plastiques sont des matériaux formidablement pratiques. S'ils présentaient une image "bas de gamme" il y a quelques décennies, aujourd'hui on en arrive parfois à les considérer comme des matériaux nobles.

Diminuer la consommation de plastiques, c'est un premier pas vers une moindre dépendance au pétrole. Pour cela, on dispose essentiellement de 3 pistes :

  • la suppression des usages inutiles : diminuer les emballages des produits manufacturés, réduire l'usage des sacs plastiques, autant de solutions qui sont également des réponses aux problèmes de gestion des déchets ;
  • le recyclage systématique du plastique : différentes mesures déjà en vigueur vont dans ce sens, il faut cependant les généraliser et supprimer les plastiques difficilement recyclables (on privilégiera par exemple l'utilisation de plastiques entièrement recyclables, permettant d'être réutilisés plusieurs fois, au détriment de ceux qui n'ont de recyclable que le nom, tels les PVC) ;
  • remplacer le pétrole par des substituts végétaux : on parle de "chimie verte".

Ces 3 pistes doivent être implémentées dans cet ordre précis. Cette démarche "sobriété - efficacité - substitution" est comparable à la démarche Négawatt, qui soit permettre d'aboutir à une meilleur utilisation de l'énergie et au développement des énergies renouvelables. On constate donc que cette démarche, virtuellement applicable à tout domaine technique, est la seule alternative vertueuse valable.

Cas des produits pétrochimiques

Les produits chimiques issus de l'industrie du pétrole ont des applications dans des domaines très variés, que nous n'énumèreront pas ici.

En reprenant une méthode calquée sur la démarche Négawatt, on peut tout à fait réduire le besoin de ces produits chimiques, soit en s'en passant, soit en faisant un usage plus raisonné (recyclage, notamment), voire les remplacer par des substituts issue de la chimie verte.

Certes, cette démarche à un coût : changer les habitudes, développer de nouvelles filières, etc. Mais l'usage non maîtrisé des produits pétroliers a également un coût pour la société (environnemental, sanitaire, social, etc.). Ce coût est aujourd'hui presque totalement supporté par la collectivité, pourtant il est mal connu, voire caché (on parle de "coûts externes", ou d'"externalités"). Or, passer d'une civilisation basée sur l'utilisation massive de produits pétrolier à celle d'une civilisation vertueuse qui n'en userait que parcimonieusement implique de raisonner en coût réel, c'est-à-dire intégrer les externalités pour comparer objectivement la situation actuelle à son alternative.

Prenons le cas de l'agriculture. Les produits pétroliers sont utilisés pour le traitement des cultures, afin de lutter contre les maladies, les mauvaises herbes, et augmenter les rendements. Or, aujourd'hui on constate que l'agriculture est un domaine d'activité sous perfusion, qui bénéficie largement de subventions, lesquelles sont en partie utilisées pour l'achat de produits phytosanitaires. C'est une démarche que nous pouvons appeler une incitation à la consommation de pétrole et dérivés. En parallèle, on doit instaurer des quotas pour éviter les surproductions (alors que d'autres pays on du mal à se nourrir !). En contrepartie, l'agriculture est l'un des principaux responsables de la pollution des sols et des nappes phréatiques, qui impliquent un suivi permanent et la mise en place de mesures de protection de la nature (faune et flore), d'installations de potabilisation de l'eau, etc. La collectivité fait donc fausse route et en paie doublement les conséquences : en subventionnant l'usage de produits phytosanitaires dérivés du pétrole, et en finançant des mesures qui tentent d'en corriger les conséquences. Il serait probablement plus judicieux et économique de financer des modèles de production agricoles plus vertueux, comme l'agriculture biologique. Mais ceci est un autre débat.

Bilan

Si ces deux exemples ne reflètent pas l'intégralité de la problématique de l'utilisation du pétrole pour des usages non-énergétiques, ils n'en montrent pas moins que des alternatives existent et sont probablement viables à conditions de raisonner en coût réel, c'est-à-dire en intégrant les externalités. Ce constat est un premier pas. La mise en place d'un politique vertueuse qui oserait s'opposer aux lobbies pétroliers en est une autre. La mésaventure du Grenelle de l'environnement du président Sarkozy montre qu'il y a encore un fossé entre la prise de conscience et l'influence du chantage des lobbies industriels les plus puissants.

 

 

 

 

Conclusion

 

Il apparaît que le pétrole ne peut être remplacé par une unique solution, mais plutôt par un mix de solutions basées, dans l'ordre, sur la baisse des consommation et l'utilisation de technologies performantes associées au développement de sources d'énergie renouvelables.

En dehors du secteur énergétique, on constate que la démarche à adopter est similaire.

Il est donc nécessaire de mettre en œuvre des politiques volontaristes qui osent s'affranchir des lobbies, tout en considérant l'utilisateur final comme un usager et non un consommateur.
Intégrer les coûts externes à la réflexion économique devrait permettre de se rendre compte du bienfait des solutions à envisager, en particulier en arrêtant de subventionner l'usage du pétrole et payer ensuite pour combattre les conséquences de telles politiques.

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site