Bref historique

Les débuts de l'utilisation du pétrole

Au début de son utilisation par l'Homme, le pétrole provenait essentiellement de gisements de surface. Déjà dans l'Antiquité il était utilisé comme source d'énergie, sous forme de bitume pour les travaux d'étanchéité (notamment pour les bateaux), et même parfois, comme médicament.
Au Moyen-Âge, les Byzantins puis les Vénitiens ont fabriqué des bombes artisanales de terre cuite remplies de pétrole et de salpètre qui étaient des armes redoutables (les "feux grégeois", qui furent un véritable cauchemar pour les marins).

Cependant, à cette époque, l'usage du pétrole reste relativement localisé. Seuls les gisements de surface sont exploités. Les applications du pétrole restent marginales.

Vers un usage industriel du pétrole

La Révolution Industrielle a permis de développer de nouveaux produits et de nouvelles technologies. Vers la fin de la Révolution Industrielle (fin du XIX siècle), l'usage du pétrole est encore assez marginal, mais l'intérêt envers cette ressource est grandissant.
En 1852, Abraham Gessner invente le pétrole lampant, un combustible peu onéreux et de bonne qualité pour l'éclairage. En 1855, Benjamin Silliman, publie la liste de la gamme de produits pouvant être obtenus par distillation du pétrole.
Initialement surtout utilisé sous forme brute pour l'éclairage (dans les lampes à pétrole), la hausse progressive de la demande et l'apparition du moteur à explosion entraîne le développement de nouvelles formes de pétrole de meilleure qualité.
Dès lors, on mène des recherches pour localiser les différents gisements de pétrole, et on procéde aux premiers forages souterrains en Allemagne, en 1857. Deux ans plus tard, c'était le début de la ruée vers l'or noir.
Le 30 Août 1859, à Titusville en Pennsylvanie, le "Colonel" Edwin Drake forait le premier puits producteur de pétrole. C'est aux États-Unis que naquit réellement l'industrie pétrolière moderne, déjà conduite par des financiers et indutriels recherchant le profit rapide. Dès janvier 1870, John R. Rockefeller fonde la Standard Oil et s'assure 9% du marché mondial du pétrole. La production alors concentrée aux Etats Unis essaime vers d'autres pays grâce à l'action des compagnies pétrolières américaines.
L'usage du pétrole reste malgré assez modeste avant le début du XX siècle. Ensuite, la consommation mondiale de pétrole explose littéralement, soutenue par les progrès de la chimie (en particulier celui de la pétrochimie) et de développement du marché automobile et du moteur à explosion.
Jusque dans les années 1930-1940, la production de pétrole est essentiellement américaine ; ce n'est qu'à cette époque que l'on découvre la présence d'importants gisements au Moyen-Orient.

L'abondance du pétrole

Au cours du XXème siècle, le développement fulgurant de la chimie (dès les années 1930), et le développement exponentiel du marché automobile (après la Seconde Guerre Mondiale), font prendre au pétrole une importance capitale dans le système économique mondial. Le pétrole offre des avantages certains par rapport à ses concurrents directs (bois-énergie, charbon, gaz de ville) : une forte densité énergétique, un transport, un stockage et une utilisation aisés, et une abondance qui permet d'en disposer à bas coût. Cette abondance accompagne les 30 ans de développement économique d'après-guerre (les "Trente Glorieuses"). Durant cette période, les questions de la déplétion* des réserves et de la problématique environnementale sont complètement accessoires voire inexistantes, contrairement à celles de la dépendance énergétique, qui conduit les pays industrialisés à développer des filières alternatives (en réalité, seul le nucléaire civil est réellement développé à des fins stratégiques - militaires, notamment).

Les chocs pétroliers

En 1960, les principaux pays producteurs de pétrole constituent l'OPEP* afin de défendre leurs intérêts et contrer un prix du pétrole orienté à la baisse. De nos jours, le rôle de l'OPEP* est encore primordial dans l'instauration du prix du baril.
La situation géopolitique de plusieurs régions productrices de pétrole évolue de manière parfois instable, et en 1973 c'est le premier choc pétrolier. En France, cette période coïncide avec le fort développement du parc électronucléaire, décidé quelques années auparavant seulement par le président De Gaulle. En parallèle, des actions de maîtrise de l'énergie sont menées (c'est la chasse au gaspillage, et la mise en place du changement d'heure, qui doit permettre de diminuer la consommation d'énergie). En 1979, c'est le deuxième choc pétrolier. En 1982, la situation se stabilise à nouveau, et on entre progressivement dans une nouvelle ère du "pétrole bon marché". De nombreux projets d'utilisation de sources d'énergie alternatives, lancés pendant les périodes de chocs pétroliers, seront arrêtés prématurément par manque de compétitivité économique (des installations solaires et géothermiques, notamment). Depuis le début des années 2000, les prix repartent à la hausse. La plupart des experts pensent désormais que c'est la fin du pétrole bon marché, et que le prix du baril va faire d'objet d'une hausse durable. Certaines technologies alternatives redeviennent progressivement à la mode (éolien, solaire, bois-énergie et biomasse), par des mécanismes financiers d'incitation, et par attrait économique face à un baril de plus en plus cher.
Fin 2007, le prix du baril de brut a brièvement dépassé le seuil psychologique des 100 $. Mais aujourd'hui, on parle de fin de l'ère du pétrole bon marché, et non pas d'un choc pétrolier. Tout est question de mesure et de choix sémantique. Toujours est-il que depuis mars 2008, le pétrole semble vouloir se maintenir au dessus des 100 $/bl. Il a même dépassé les 130 $ au mois de mai 2008.

Le pétrole aujourd'hui

Le pétrole demeure aujourd'hui l'un des piliers du système économique mondial. Les pays industrialisés sont fortement consommateurs et dépendant de cette ressource, dont ils disposent rarement ou en quantités insuffisantes sur leurs territoires. Cette inadéquation entre les producteurs et les consommateurs de la ressource pétrolière est source de tensions géopolitiques qui mènent parfois jusqu'à des conflits armés. Tout pays industrialisé cherche à assouvir sa gloutonie pétrolière en tentant de sécuriser ses approvisionnements à l'étranger. L'Histoire récente nous montre que certaines nations sont prêtes à recourrir aux solutions les plus extrêmes pour avoir mainmise sur les gisements pétroliers. Et ce n'est probablement qu'un début : la consommation ne cesse d'augmenter, et l'arrivée du pic de Hubbert (oil peak) est imminente. L'émergence de nouveaux pays industrialisés (NPI), tels la Chine et l'Inde, entretient la demande alors que l'offre peine à suivre (certains gisements sont épuisés ou commencent à s'épuiser).

Face à une demande qui restera soutenue et une offre qui tendra a stagner voire à décroître dans les décennies qui viennent, le prix du baril de pétrole devrait continuer d'augmenter par rapport à ses niveaux actuels. Puis il tendra à se stabiliser à un prix élevé (bien malin celui qui peut prédire le niveau de ce prix), en parallèle à une demande qui stagnera. La hausse du prix du baril de pétrole rend certaines pistes technologiques - alternatives au pétrole, exploitation de gisements difficiles - économiquement viables, et conduit à une hausse générale du prix des autres sources d'énergie fossiles, pour des raisons par toujours justifiées (spéculation).

 

Définition de déplétion : Diminution.

* L'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) ou en anglais Organization of Petroleum Exporting Countries (OPEC) est une organisation intergouvernementale (un cartel) de pays visant à négocier avec les sociétés pétolière pour tout ce qui touche à la production de pétrole, son prix et les futurs droits de concessions.

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